Old School

Cher Meilleur Ami,

Comment tu vas? Je le demande parce que je ne le sais pas. Je ne sais rien de toi. Et ça fait longtemps. J’attends le jour où j’aurai de tes nouvelles, où j’aurai un signe de toi. Mais je suis trop fière pour les chercher moi-même. Alors je laisse le temps suivre son cours.

Le temps a tellement passé. Et aujourd’hui je me retrouve, au meme point qu’il y a quelques années, à relire des messages que tu as sans doute oublié. Des messages que je t’envoyais quand j’étais sure que tu voulais avoir de mes nouvelles. Ces messages que je ne reconnais pas.

Et puis je me retrouve. Je retrouve cette petite fille, perdue, à peine arrivée à Miami. Cette petite fille qui pour la premiere fois, vivait loin de ses parents. Cette petite fille qui entamait l’aventure de sa vie; Qui se cherchait, Mais qui revenait sans cesse à ses amis. Je retrouve cette petite fille qui mélangeait le français et l’anglais, Le créole et l’espagnol. Ah, zut! ça je le fais encore! Mais mes phrases ont changé. Aujourd’hui je reviens vers toi. Aujourd’hui j’essaie de voir à quel point j’ai changé, ou peut-être comment je suis restée la même. Je ne sais pas, je sais que j’ai grandi. Mais tu n’es plus là.

Je me retrouve face à moi-même, à la moi-même d’il y a 5 ans. Et je réalise que j’ai grandi. La petite fille a fait place à une autre elle. Et je souris. C’est vrai, maintenant je prends mon temps pour écrire mes messages, j’évite les « je ss », ou les « je pe » ou les « k’est ce ke tu fè ». J’essaie d’écrire des phrases soignées. Je ne sais pas pourquoi. J’imagine que peut-être c’est la maturité. Parce qu’en plus je me suis mise à écrire des mots « ronflants ». On dit que cela vient avec l’âge. Qu’à un moment, on n’écoute plus les mêmes chansons, on ne rit plus des mêmes blagues. Alors oui, je vieillis. Mais j’écris toujours. Pas autant qu’avant mais je continue d’écrire. Je crois que c’est la seule chose que je sache vraiment faire. Quoique tu ne sois plus là pour me lire ni pour me corriger. Tu pouvais lire à travers mes fautes et à travers mes imperfections. Mais le temps passe. Maintenant, j’ai trouvé un autre public. Alors J’essaie de faire en sorte qu’il me comprenne…

Pourtant, aujourd’hui, tu me manques. Alors cette petite fille est revenue. Et elle te cherche, tout en sachant que tu ne répondras pas. Parce que tu es parti, il y a longtemps de cela. Envoyer des messages qui restent sans réponse, c’est comme crier face à un mur. Tu parles sans rien attendre en retour. Mais ce qui faisait la force de notre amitié c’était peut-être le fait que l’on continuait de crier face au mur dans l’espoir qu’il se briserait. Aujourd’hui je ne sais pas si je devrais continuer à crier. Alors je reste là, face au mur. Je lui raconte ce qui se passe dans ma vie. Je lui dis que je vis au gré de ma philosophie comme tu me l’as toujours souhaitée. Je lui dis que j’essaie de réaliser mes folies.

Je regarde le mur et je lui dis combien je me sens seule. Que je perds ma poésie. Et que je n’ai personne à qui parler quand je suis en manque d’inspiration. Je lui dis combien tes critiques me manquent. Combien nos longues conversations ont laissé un vide que j’ai du mal à combler. Je lui dis que plus personne ne m’appelle Aphrodite, que je suis toujours aussi nulle en latin, et que mon accent quand je parle anglais ne ressemble plus à celui des français. Je lui dis que je suis toujours comme un chaton. Que je cherche la compagnie des gens, que je ris, mais que dans ma nature, je suis toujours solitaire. Je lui dis que j’ai des projets et que je mets tout en place sans regarder en arrière. Que j’ai arrêté de m’en faire de ce que les gens pouvaient penser de moi et que désormais, j’essaie d’être positive. C’est ma nouvelle philosophie.

Je lui dis que mes mots s’évaporent dans l’air, et que meme l’échos de ma voix me revient de moins en moins. Le vent l’emporte au loin…

Je lui dis que j’espère que tu t’inquiètes pour moi et que je compte toujours pour toi. Ceci c’est mon dernier cri. Le mur s’élève de plus en plus haut, mais je n’ai plus du tout la force de crier…

Tout simplement,

Wendy

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