Comme du sable sous les pieds, 2…

Lire la première partie de Comme du sable sous les pieds 

Je me suis toujours questionnée sur la fin. Comment serait ma fin ? J’y ai pensé des centaines de fois. J’ai imaginé les scénarios les plus diverses et les plus fous. Une mort douce, lente ou une morte violente et rapide. J’ai parfois imaginé les moindres détails: La peur dans mes yeux, les rides sur mon front, l’hésitation avant l’acte final et la réaction des gens que je laisserais derrière moi. J’ai pensé à ce que je porterais: Un jean, pieds nus, les cheveux défaits; Un peu le look que j’ai aujourd’hui. J’ai aussi pensé à mes dernières phrases. Ce serait comme un « closing act » tout en grandeur. J’inspirerais la foule et tout le monde saluerait mon départ. Dans tous les cas je sais que je ne pleurerais pas. Je ne pleurerai plus. J’ai tellement versé de larmes que je pourrais arroser tout le désert du Sahara. Le jour où tout finira sera le jour où j’aurais séché toutes mes larmes. Alors pourquoi suis-je encore ici ?

Savais tu que l’océan avait toujours été mon refuge depuis toute petite ? On a toujours eu une relation particulière lui et moi, et je me suis toujours un peu imaginée comme la déesse des eaux. Un peu comme une sirène. Simbi ! Oui. Je sais que tu souris. C’est encore bien que j’arrive à te faire sourire. J’avais cru que te parler de ma mort allait te glacer le sang. Pourquoi pas ? Tu ne serais pas le premier. Je suis en train de vivre l’une des plus belles soirées de ma vie. Pourtant je pense à l’eau. Celle qui me couvre une partie de mon corps, glaciale. Je la regarde s’étaler devant moi à l’infini. Et dans ma candeur, je me demande où elle peut bien s’arrêter. Cette eau qui te passe ta soif mais qui aussi se confond avec tes larmes. Cela me rappelle ce dicton : « l’eau te sauve la vie, mais elle peut aussi te l’enlever». Celui qui l’a inventé est un cynique. Mais je l’aime.

En fait, je donnerais mon amour à n’importe qui, à n’importe quoi. Aux démons qui m’habitent, aux étrangers qui passent dans la rue, à une chaise, à la mer. Cher journal, je suis perdue. J’ai besoin d’aide. J’ai besoin de toi, de n’importe qui. Cher ami, j’ai besoin d’un être, de n’importe qui. Quelqu’un à qui je pourrais conter ma vie. Quelqu’un qui ne saurait rien de moi et qui serait si avide de savoir plus que je perdrais ma timidité et ma réserve. Je me laisserais aller à mourir la tête dans les étoiles et le coeur léger.

J’ai toujours peur que ma mélancolie ne t’envahisse. Je sais qu’elle peut être contagieuse. J’ai appris à vivre avec elle au fil des années. Mais elle m’étouffe. Et je meurs. Ma mélancolie c’est le poids de mes incompréhensions, de mes erreurs, de mes colères. Ce sont ces choses que j’aurais aimé voir se passer autrement, mais qui pourtant ne dépendaient pas de moi. Ma mélancolie c’est donner ma confiance, et la voir brisée. C’est me voir me forcer de sourire pour faire le change. C’est me voir essayer de montrer que je suis forte parce que la société ne valide que la force. On trouve du plaisir à dire que «être fort c’est tomber et se relever ». Ce soir je veux montrer qu’il n’y a rien de mal à tomber et à rester par terre. Ma mélancolie c’est me laisser aller parce que parfois, il n’y a que ça à faire.

À suivre….

photo credit: Marco Saint-Juste 
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