Etre Femme… L’épopée de Wendelle

Credit photo Profil: Agathe Sorlet

L’un des plus importants éléments dans la conquête de mon identité a été mon interaction avec l’idée d’être une femme. C’est un concept que je peine aujourd’hui encore à comprendre. Qu’est ce qui fait de toi une femme ? Qu’est ce qui fait de toi une bonne femme? 

Si aujourd’hui, on a dépassé cette séparation entre femme au foyer et femme au boulot, on se rend compte qu’un travail immense reste à accomplir quant à la valeur intrinsèque de la notion de femme. La perception de soi qui se reflète à travers la manière dont nous mêmes, femmes, nous nous jugeons entre nous et sommes promptes à nous catégoriser témoigne d’une marque indélébile gravée par une société qui à jamais prone une sempiternelle séparation entre femme libérée et femme traditionnelle. Peut être qu’il ne nous sera jamais possible de nous libérer de l’emprise d’une société qui nous évalue à travers notre capacité à cocher les cases des critères d’un sexe masculin aveuglé par sa propre confusion. Mais, le combat pour une société tolérante et propice à l’épanouissement du sexe féminin doit prendre le temps qu’il faut. Tout comme il a fallu du temps pour construire cette société dans laquelle nous vivons. 

Venant d’un pays où la femme est relayée au second plan, parler de libération de la femme paraît chimérique. Illustration parfaite du “sois belle et tais toi”, la société haïtienne prône l’idéal d’une femme consentante mais pas libérée sexuellement. Elle prône l’idéal d’une femme qui ressemblerait à nos mères: indépendantes, fortes dans la résignation. C’est une société où le taux d’avortement est au plus haut alors qu’il est interdit de le pratiquer dans les hôpitaux. Où le sénat n’a pratiquement pas de représentation féminine, et où les femmes publiques ( Personnalités politiques ou artistiques) se font tabasser par leur compagnon et se font massacrer par l’opinion publique. Grandissant en Haiti, j’ai assisté à la lapidation politique de Michelle Duvivier Pierre-Louis sans vraiment comprendre. Mais maintenant que je suis ce qui se rapproche le plus d’une femme, je comprends qu’il faut que quelque chose change. Haiti où l’art de transposer la conversation sur un autre sujet pour ne pas résoudre le vrai problème. 

Mais, aujourd’hui on ne parle pas que d’Haïti. Si on célèbre la journée des droits de la femme c’est aussi et surtout pour célébrer le chemin parcouru. C’est le moment de se féliciter du travail accompli, d’identifier des priorités, de se donner des objectifs et de repartir motivé. 

Pour revenir au début de cet article, j’ai compris que mon identité évolue au fil des années, tout comme ma conception de la femme. En revenant sur le chemin parcouru au fil de ces 4 dernières années, je me rends compte que me perdre et me retrouver se ressent aussi dans ce que je partage avec ceux qui m’entourent. 

En 2016, Comprendre la femme pour moi, c’était m’assoir avec jeunes étudiants de pays différents et les écouter m’expliquer leur apprehension de la notion de femme d’une culture à l’autre. J’avais fait un mini documentaire que vous pouvez regarder ici ⇓⇓

 

2017, la femme pour moi c’était celle qui était célébrée, décrite et admirée. S’ensuivit un article sur la femme dans la musique haïtienne. Une ode ( à lire ici) à toutes ces femmes dont on ne parle pas nécessairement, mais qui méritent tout notre attention. 

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2018 était cette année de conquête artistique qui se traduisait par le fait d’honorer des femmes noires qui avaient marqué l’histoire en brisant des barrières. En travaillant pour Deza Nguembock j’avais mis sur  pied ce projet que vous pouvez lire ici qui mettait à l’honneur des femmes telles que Grace Jones, Oprah ou Makeba. 

 

 

 

2019, la chrysalide devint Papillon. Mon projet pour cette année n’est autre qu’une collection de ma marque de T-shirt Aude Theodore. Une marque qui cherche à pousser toute une communauté  à se dépasser et à se libérer. Cette collection, tout comme son nom l’indique, célèbre la femme entrepreneure. Celle qui n’a pas peur de tenter sa chance et qui brave les obstacles. Tout comme la plupart des collections de Aude Theodore, si on arrive à vendre assez de t-shirts, la moitié de notre bénéfice sera reversée à une organisation / association. Dans ce cas-ci, une association qui oeuvre pour les droits de la femme. Ainsi je vous invite tous à faire un saut sur mon site et vous procurer un de ces T-shirts. 

 

 

 

Sinon on se retrouve l’année prochaine pour un autre article ou un autre projet dont je ne peux pas parler pour la simple et bonne raison que je ne sais pas à quelle phase de ma conquête je serai à ce moment. Until then much love.

Wendelle Theodore

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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Midy dit :

    Une femme vertueuse, une connaissance acquise, un avenir fiable! Félicitation Théodore…

    Aimé par 1 personne

    1. Wendelle Theodore dit :

      Merci!!

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  2. Zamor Nelly dit :

    J’adore l’article et la cause

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