Est-il vrai que l’on hérite des dirigeants que l’on mérite ?

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J’essaie de réfléchir à la dernière fois que j’ai écrit un article coup de gueule, et je me dis que mes écrits colériques ont du surement vous manquer. Cependant,  aujourd’hui, je ne sais pas si c’est de la colère que je ressens ou juste du désappointement. Aussi, je me demande pourquoi tous mes articles coup de gueule ont toujours un rapport avec Haiti. C’est comme si ce pays avait le fabuleux pouvoir de faire ressortir en moi les émotions les plus vives. Pourtant j’essaie, j’ai la volonté de ne pas laisser mes émotions prendre le dessus. Mais, à un moment, je ne peux m’empêcher de me demander : Pourquoi ? 

Ceux d’entre vous qui me lisent régulièrement se rappellent surement de mon article sur la déclaration de Donald Trump l’année dernière. Si si, je suis sure que vous vous souvenez du fameux “Shit hole country” qui avait fait couler beaucoup d’encre ! Et bien entendu, comme beaucoup de ressortissants de ces fameux shit hole countries, ma plume n’avait pu s’empêcher de mouiller mon carnet de notes, à coups de faits historiques et de leçons culturelles. Haiti ne sera jamais vaincue (que vous pouvez lire ici) !

Alors, devinez mon étonnement ce matin en voyant les publications de notre président en fonction Jovenel Moise en compagnie de Donald Trump. 

 

Le désarroi, la surprise, la colère, la honte, la stupeur. La raison en moi me pousse à être objective, à relativiser. Et je connais toutes les raisons que je pourrais mettre en avant pour expliquer ces publications de Jovenel Moise. Je me dis : “Wendy, 4 ans de sciences politiques, 2 ans de communication politique, tu peux comprendre et analyser les actions du premier citoyen de la république d’Haïti”.  Je me convainc que le travail c’est le travail. Mais au fond, je ne peux m’empêcher de penser au désarroi de Dessalines dans sa tombe, et le discours change totalement : « Les actions du premier citoyen de la république d’Haiti deviennent les actions du premier citoyen d’un shit hole country”. Et je ne peux expliquer cela. Ces écrits ne sont pas ceux de la raison, mais de l’émotion. Et je l’assume.

Alors je laisse pleurer ma plume au grand désarroi de ma fierté qui, une fois encore, se trouve bafouée par une classe politique indélicate incapable de sacrifier la bienséance au profit de sa nation. Je suis envahie par ce même sentiment d’impuissance que j’ai ressenti, lorsque le pays était “Lòk”¹ (verrouillé pour ceux qui s’expriment en bon français). Ce sentiment d’impuissance est paralysant et a un gout amer. Je n’ai pas la réponse à tout, et j’ai appris trop tôt à me taire quand je n’ai rien à dire. Mais, dans ma tête, c’est le brouhaha, et il faut bien que je pose mes questions à voix haute dans l’espoir que quelqu’un puisse me répondre : Et si seulement les haïtiens faisaient les bons choix ? Cet attachement à ce pays est-il vraiment comme un tatou dont on ne peut se séparer ? Est-on condamné à revivre ce cycle de résignation et de colère ? Est-il vrai que l’on hérite des dirigeants que l’on mérite ?

A ce stade, je ne sais plus en quoi croire. Je ne sais plus si ça vaut la peine de se battre. Je ne sais même plus si ça vaut la peine d’écrire… Je n’ai qu’une certitude : Haiti est une fois de plus violée par l’omnipotente suprématie occidentale, et ses fils en sont complices ! 

 

¹Période d’instabilité politique et économique en Haiti (lire plus ici ). 
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